Syndicat des Directeurs, Instituteurs et Professeurs des Écoles. Section de la Gironde
17 Quai de la Monnaie - 33080 BORDEAUX CEDEX | 05 57 95 07 61 | snudifo33@yahoo.fr


Réforme des rythmes scolaires : Explosion des arrêts de travail, 1 absence sur 2 remplacée ...
CHSCT du 4 juillet 2014
Publié; le 5 juillet 2014, mis à jour le 5 septembre 2014 | Snudi Fo 33

Déclaration préalable

(Voir en bas de page) La FNEC fait une déclaration, axée sur la réforme des rythmes scolaires et les conséquences sur les conditions de travail des personnels.

Réponse de l’administration : Aucune

Sur la demande récurrente de FO :

Bilan des arrêts de travail dans le 1er degré

Rappel : De septembre 2013 à janvier 2014, il y avait déjà autant d’arrêts de travail que durant toute l’année scolaire précédente. FO a donc demandé un bilan chiffré et précis pour connaître la situation et pouvoir identifier les causes. A FO nous avions déjà notre petite idée sur les causes. C’est pourquoi nous avions demandé la commune d’exercice de l’enseignant en arrêt.

L’administration n’ayant pas répondu à notre demande lors de l’avant dernier CHSCT, FO a obtenu que ce point figure à nouveau à l’ordre du jour.

De sept 2013 à avril 2014

Augmentation de 40 % des arrêts maladies

Concernant les absences :

La première cause est l’explosion des arrêts de travail ordinaire :

Nombre de jours d’arrêts de travail

— 2011 : 4 000
— 2012 : 4 200
— De sept 2013 à avril 2014 : 6 700 soit 40 % d’augmentation

Concernant les remplacements :

Sur les 6.886 journées d’absences de septembre 2013 à avril 2014,
- 3.793 ont été remplacées
- 3.093 ont été non remplacées, soit 44 % de journées non remplacées.

L’administration parle de "Raréfaction de la ressource humaine"

Intervention de la FNEC :

Nous avons rappelé les missions du CHSCT, que nous étions ici notamment pour la prévention. Qu’il fallait connaître les causes de cette explosion des arrêts de travail. Que c’était bien pour cela que FO avait demandé la commune d’exercice de l’enseignant. Que nous regrettions que cette information, primordiale, ne nous ait pas été communiquée. Que tout comme l’augmentation des demandes de temps partiels, les arrêts maladies sont pour nous une conséquence directe des rythmes et ce n’est que le début. Faute de nous avoir fourni les communes d’exercice, nous aurons probablement nos réponses à la rentrée de 2014, lorsque la totalité des communes de Gironde seront passées aux 4 jours et demi.

Les propositions de l’administration :

Va-t-elle ...
- Chercher les causes de cette explosion ?
- Faire le lien avec la réforme ?
- Faire une enquête ?
- Agir sur les causes ?

... Non, l’absence des enseignants entraînant de besoins de remplacements, l’administration va s’employer à dégager des moyens de remplacements.

L’administration choisit d’agir sur les conséquences des absences. Elle va procéder aux économies suivantes sur les postes de remplaçants

"Économie de BD"

En 2013 : 6.745,25 ETP dans le 1er degré dont 534 ETP remplaçants à la rentrée.
- 2 types de remplaçants :
— ZIL : 214 en remplacement courts en principe
— BD : 330 ETP en remplacements longs

Pour le non remplacement, réponse de l’administration :
- 534 BD mais pas tous opérationnels
- 22 sont inaptes
- 40 en remplacement à l’année
- 80 BD ETP mobilisés pour congés parentaux ou dispo en cours d’année

Perspectives pour la rentrée
- + 10 BD en Gironde
- Économie de 45 BD suite à la formation des PE qui seront 2 sur un même poste
- Harmonie des temps partiels annualisés, veulent éviter le déficit de fin d’année, Économie de 20 ETP
- Limitation des temps partiels sur autorisation Économie de 34 ETP

574 demande de temps partiels sur autorisation demandés

103 ont été refusés, soit 20 %

**************************************

Déclaration FNEC-FP-FO

L’année écoulée voyait le début de la mise en place des rythmes scolaires, réforme que Force Ouvrière a toujours combattue. Lors des visites et des entretiens avec les personnels, nous avons pu vérifier ce que FO dénonce depuis le début de cette réforme. Mais la rentrée qui vient s’annonce entcore plus difficile.

La rentrée prochaine s’annonce difficile

avec des conditions de travail encore dégradées

Les postes :

Malgré les effets d’annonce sur la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, force est de constater qu’il ne sont pas là. Rappelons que le P/E en Gironde est d’environ 5, ce qui est très faible. Et les effectifs ne cessent d’augmenter. Depuis 2009, ce sont 14.000 élèves de plus en Gironde, soit l’équivalent de tous les écoliers de la ville de Bordeaux. Il y en aura 2 286 de plus à la rentrée 2014. Les classes seront encore surchargées entraînant fatigue, stress, maladie ...

Non remplacement des enseignants absents

Le manque de remplaçants est criant. Particulièrement pour l’année écoulée, en maternelle. Les enseignantes nous expliquaient par exemple que en janvier – février, elles n’avaient eu leur effectif normal qu’une semaine. Qu’elles se retrouvaient souvent avec 50 % ou 100 % d’élèves en plus. Ces situations génèrent : de la fatigue, des problèmes de sécurité, de responsabilité, de la frustration du fait de l’impossibilité de remplir correctement sa mission d’enseignement, de la culpabilité à s’arrêter, toutes ont déclarées être venues travailler malades, repoussant sans cesse leurs limites. On est loin de conditions de travail sereines.

Arrêts de travail

Cette année a vu l’explosion de arrêts de travail. En janvier 2014, il y en avait déjà autant que pendant toute l’année scolaire écoulée. Et pourtant, seules 22 % des écoles étaient passées aux 4,5 jours. Lors du dernier CHSCT, Force ouvrière a mis ce point à l’ordre du jour. Une des missions du CHSCT est bien de poser les problèmes afin de chercher les causes et de proposer des axes de prévention. FO attend toujours des réponses.

Temps partiels :

Il est clair que la semaine de 4,5 jours a incité de nombreux et nombreuses collègues a demander un temps partiel car soyons clairs, ils ne veulent pas de cette réforme. Voici un extrait de courrier que nous avons reçu : " J’ai 52 ans et suis Professeur des Écoles, enseignant actuellement en Cours Moyen Première année. J’ai demandé mon premier temps partiel d’une journée, soumis à autorisation, qui vient de m’être refusé en ces termes : "Les nécessités de services et le contexte déficitaire de la circonscription ne permettent pas..." lors d’un courrier en date du 3 juin (la demande avait été faite en mars).

Je me sens usé, fatigué, et c’est le passage à la semaine à 4 jours et demi qui m’a conduit, sans gaieté de cœur, malgré le recul financier , à faire cette demande. Le fait d’apprendre que ceux qui ont déjà un temps partiel le conserveraient alors que ma première demande après 27 ou 28 ans de bons et loyaux services est refusée sans discussion s’apparente à un arbitraire qui va diviser les collègues (ceux qui ont, ceux qui n’ont pas), et renvoie l’Éducation nationale à son statut de parent pauvre de L’État, une des rares administrations où l’on refuse un temps partiel ."

Il en est de même pour les disponibilités.

Une gestion des personnels impossibles

Avec la réforme des rythmes, les horaires des écoles sont désormais différents, d’une commune à l’autre, d’une école à l’autre, et même d’un jour à l’autre dans la même école, des après-midi libérés. Comment gérer l’emploi du temps des enseignants remplaçants, des TRS, des temps partiels ? Les personnels administratifs sont surchargés de travail, avec des journées allongées, des vacances écourtées, des récupérations en attente. Leur travail devient impossible, la fatigue et le stress sont déjà présents depuis plusieurs mois. En attendant pire à la rentrée.

Autres conséquences au quotidien :

- des classes occupées par les TAP à midi ou après le temps de classe.
- des gestions de listes pour les enseignants qui n’en finissent plus : qui va au bus, qui va au TAP, qui va à la garderie, qui est récupéré par les parents, qui va au soutien scolaire, qui va aux APC …C’est le cas dans l’école que nous avons visitée, ce sera le cas partout à la rentrée.
- Des récréations désormais soumises au bon vouloir des IEN. Avec les décrets sur les rythmes scolaires qui ont totalement désarticulé la journée et la semaine de classe, certains IEN veulent supprimer des récréations. Les après-midi seraient selon eux « trop courtes » pour y placer une récréation. Rappelons tout de même que c’est l’article 4 de l’arrêté de 2002 qui fixe le temps de récréation. Cela quelque soit la durée de la demi-journée. Semaine de 4,5 jours

Pour Force Ouvrière, tout est lié : les arrêts de travail, les temps partiels, le non remplacement des personnels absents, ... FO revendique l’abrogation des décrets sur les rythmes scolaires. Plus personne ne peut croire que cette réforme coûteuse, inutile et complexe se met en place dans l’intérêt des élèves. Cette réforme se fait également au détriment des conditions de travail des personnels administratifs et enseignants. C’est le chaos organisé.

Pour la FNEC-FP-FO Isabelle Haye & Jean-François Massicot

cale




SPIP 2.0.25 [21260] habillé par le Snudi Fo